Le sentier des falaises d'Ault à Onival : itinéraire les pieds dans l'eau
Certaines balades s’imposent d’elles-mêmes. Vous êtes arrivé la veille, les valises à peine posées, et déjà quelqu’un dans le groupe demande ce qu’on fait le lendemain matin. Le sentier d’Ault à Onival est précisément cette randonnée que vous n’aviez pas forcément planifiée mais que vous referez de tête chaque fois que vous repenserez à ce séjour.
L’itinéraire emprunte une portion du sentier du littoral, qui longe la côte picarde et prolonge vers le nord le GR21 normand (Le Tréport vers Le Havre). Entre Ault et Onival, la marche reste courte, accessible et saisissante. On parle d’environ 2 kilomètres dans un sens, soit 4 kilomètres aller-retour selon le tracé choisi, avec un dénivelé modeste qui ne dépasse guère les 80 mètres en cumulé. De quoi convenir à la plupart des marcheurs, y compris ceux qui n’enfilent des chaussures de randonnée que deux fois par an.
Ce qui frappe, sur ce chemin, c’est la proximité constante avec l’eau. Le titre ne ment pas. Le sentier suit le bord des falaises de craie, ces murs blancs qui tombent verticalement dans la Manche. Par temps clair, on voit loin vers le large. Par temps couvert, la mer prend des teintes grises et métalliques qui ont leur propre beauté. Et quand on descend vers la plage d’Onival, on finit réellement les pieds dans l’eau si on le souhaite.
Cette balade convient particulièrement bien aux groupes qui cherchent une activité commune sans contraindre les moins sportifs. Pas de chronométrage, pas de dénivelé qui martyrise les genoux, pas d’équipement spécialisé. Juste un chemin qui borde l’un des paysages les plus caractéristiques des Hauts-de-France. Ce guide vous accompagne pas à pas, de la préparation au retour, avec les points de vigilance à ne pas manquer et les erreurs classiques que font les premiers visiteurs.
Distance 4 km aller-retour · Durée 2 h à 2h30 · Dénivelé ~80 m cumulé · Niveau accessible à tous · Départ belvédère d’Ault
Ce qu’il faut prévoir avant de partir
La balade est accessible, mais accessible ne veut pas dire n’importe comment. Quelques préparatifs évitent les mauvaises surprises.
Commençons par les chaussures. Des baskets de ville peuvent dépanner par temps sec, mais le sentier longe des zones herbeuses où le sol reste humide même en été. Des chaussures de marche légères ou des chaussures de trail offrent bien plus d’adhérence et évitent les chevilles mouillées dès le premier kilomètre. Pour les enfants, évitez les sandales ouvertes sur ce type de terrain.
Côté vêtements, pensez couches. Le vent sur les falaises est constant et parfois mordant, même quand il fait beau à l’abri en ville. Un coupe-vent léger dans le sac ne pèse rien et change tout si la météo tourne en cours de route. En été, chapeau et crème solaire sont indispensables : le soleil tape fort en crête, sans ombre pour se protéger sur plusieurs centaines de mètres d’affilée.
Pour la durée totale, comptez 2 heures à 2h30 pour une balade aller-retour à un rythme tranquille, pauses comprises. Si vous descendez sur la plage d’Onival et que vous y restez un moment, ajoutez une heure sans hésiter. Pour un groupe avec des enfants, prévoyez systématiquement 30 minutes de plus que ce que vous estimez au départ.
Partez tôt le matin, avant 9h en été. Le sentier est souvent très fréquenté en milieu de matinée, et la lumière rasante des premières heures magnifie les falaises d’une façon que vous ne retrouverez pas à midi.
Enfin, téléchargez la trace GPX du sentier du littoral sur votre téléphone avant de partir. La connexion mobile est capricieuse sur certaines portions de falaise, et avoir le tracé hors ligne vous évite de vous retrouver à tâtonner au premier embranchement.
Le départ depuis Ault : trouver le bon point de départ
Ault est posé en haut des falaises, ce qui facilite le départ : vous êtes déjà en altitude, et le sentier commence à quelques minutes à pied du centre-village. Le point de départ le plus commode se situe près du belvédère d’Ault, bien indiqué depuis le centre. Plusieurs places de stationnement sont disponibles à proximité, gratuites hors saison. En juillet et août, un horodateur peut entrer en service selon les années : vérifiez les panneaux avant de vous éloigner.
Depuis le parking, la vue sur la Manche s’ouvre immédiatement. Le balisage du sentier du littoral commence ici et ne vous quittera plus jusqu’à Onival. Les premières centaines de mètres donnent le ton : le chemin longe le bord des falaises, séparé du vide par un cordage ou une barrière en bois selon les sections. On marche sur de l’herbe rase, parfois sur un chemin caillouteux. La mer est à gauche, les champs picards à droite.
Un conseil pratique pour les grands groupes : ne pas s’éparpiller en file indienne trop longue dès le départ. Les enfants sont naturellement attirés vers le bord, et la curiosité les pousse à tester les limites. Définissez une règle simple avant même de partir : on reste à au moins deux mètres en retrait de la ligne de balisage côté mer. Les falaises de craie s’effritent et la bordure peut céder sans le moindre signe avant-coureur.
À partir du départ, le balisage ne présente pas d’ambiguïté majeure sur cette section. Si vous hésitez à un embranchement, la règle est simple : le bord de mer s’entend toujours, et le sentier suit la direction où les mouettes crient le plus fort.
La traversée des falaises : le cœur de l’itinéraire
C’est la portion que vous aurez du mal à quitter. Entre le départ d’Ault et l’approche d’Onival, le sentier suit la crête des falaises sur près de deux kilomètres où chaque tournant révèle une nouvelle perspective sur la côte.
La craie blanche contraste avec le bleu ou le gris de la Manche selon l’heure et la saison. Sur ces hauteurs, on observe facilement les goélands et les oiseaux marins qui fréquentent les anfractuosités rocheuses. Pas besoin de jumelles pour les repérer : leurs cris guident le regard. C’est ce genre de détail qui transforme une simple marche en quelque chose de vivant, de concret, d’impossible à planifier.
Le terrain reste relativement plat sur cette section centrale. Quelques montées courtes existent, jamais supérieures à dix mètres de dénivelé, et la plupart des gens qui pensaient ne pas être en forme s’étonnent d’arriver sans avoir soufflé. Le sol peut être glissant après la pluie : si vous êtes partis le lendemain d’une averse, ralentissez dans les passages en herbe et raccourcissez les foulées. Ce n’est pas spectaculaire comme conseil, mais c’est celui qui évite les genoux au sol.
À mi-parcours environ, Onival commence à apparaître en contrebas. La plage se dessine progressivement, avec ses cabines colorées et ses barques tirées sur les galets. Sentir qu’on approche sans avoir forcé constitue l’une des bonnes surprises de cet itinéraire.
L’arrivée à Onival : descendre vers la plage
La descente vers Onival constitue la seule portion réellement technique de cet itinéraire, et technique reste très relatif. Le chemin perd de l’altitude sur quelques centaines de mètres, avec un sol parfois caillouteux qui demande un peu d’attention pour les appuis. Deux bâtons de marche nordique sont les bienvenus pour les personnes moins sûres sur leurs jambes, mais ils ne sont pas indispensables. Prenez simplement le temps de descendre sans vous presser.
Une fois en bas, Onival s’offre avec sa plage de galets et de sable mêlés. La marée conditionne tout ce qui se passe ici. À marée basse, vous disposez d’une large bande de rivage où les enfants explorent les flaques, cherchent des crabes et lancent des galets pendant que les adultes soufflent un peu. À marée haute, la mer remonte jusqu’au pied des falaises et la plage rétrécit considérablement. Consultez les horaires de marée avant de partir, surtout si vous comptez passer du temps sur le rivage : le site du SHOM fournit des horaires précis ; prenez Le Tréport ou Cayeux-sur-Mer comme référence, les plus proches.
C’est ici que le titre prend tout son sens. On pose les pieds sur les galets mouillés, on laisse l’eau froide de la Manche effleurer les semelles, et on comprend pourquoi cette balade attire autant les gens qui reviennent chaque année dans la région.
Ne vous attardez pas au pied des falaises, même sur la plage. Les chutes de blocs de craie se produisent sans prévenir, surtout après de fortes pluies ou par grand vent. Restez à bonne distance du pied des parois et ne laissez pas les enfants s’en approcher.
Les erreurs courantes que font les premiers visiteurs
La première erreur, de loin la plus fréquente, est d’ignorer la météo marine. Le littoral picard peut basculer en une heure, d’un ciel dégagé à un vent de force 6 qui rendrait la marche en crête désagréable. Consultez les bulletins côtiers de Météo-France avant de partir, pas seulement la météo générale. Un vent de nord-est modéré qui ne gêne rien à l’intérieur des terres peut devenir cinglant une fois en hauteur, exposé au large.
La deuxième erreur concerne le bord des falaises. La craie n’annonce pas quand elle cède. Des sections en apparence solides s’effondrent régulièrement, et la commune recule les cordages pour sécuriser de nouvelles zones. Les barrières et cordes ne sont pas là pour le décor : elles délimitent une zone de sécurité réelle, vérifiée, recalculée après chaque épisode d’érosion significative. Rester derrière elles n’est pas de la prudence excessive.
Troisième erreur très classique avec les groupes : sous-estimer le temps de rassemblement au départ. Quand on part à dix ou quinze personnes, le premier kilomètre s’étire naturellement. Prévoyez systématiquement 20 minutes de marge pour trouver le parking, équiper les enfants et attendre que tout le monde soit prêt à partir en même temps.
Évitez cet itinéraire par très forte pluie ou par tempête. Le sol argileux-calcaire devient extrêmement glissant, et la visibilité réduite enlève l’essentiel de l’intérêt de la balade.
Dernière erreur : partir sans eau. La balade n’est pas longue, mais aucun point de ravitaillement n’existe sur le parcours entre Ault et Onival. Un demi-litre par personne et quelques biscuits suffisent largement.
Infos pratiques pour bien organiser la journée
Si vous logez dans le centre d’Ault, le départ du sentier se rejoint à pied en quelques minutes ; depuis les autres hébergements de la côte picarde, comptez entre 10 et 30 minutes en voiture. Le village dispose d’un centre-bourg avec quelques commerces, une boulangerie et deux ou trois restaurants de bord de mer. Un bon point de passage pour préparer les sandwichs avant la balade.
Pour les groupes de dix personnes et plus, il peut être pratique de déposer une voiture à Onival avant de partir à pied depuis Ault. Cela évite le retour en crête et permet de rentrer directement depuis la plage, ce qui plaît généralement aux enfants qui n’ont plus envie de marcher après deux heures dehors.
La saison la plus agréable ? Le printemps et l’automne offrent des conditions idéales : moins de monde sur le sentier, lumière plus douce en fin de journée, et une végétation de falaise qui prend des teintes particulièrement intenses. L’été reste agréable mais le sentier peut être chargé en haute saison, surtout le week-end.
Voici ce que nous recommandons d’emporter systématiquement :
- une bouteille d’eau de 500 ml par personne
- un coupe-vent léger même par beau temps
- de la crème solaire et un chapeau de mai à septembre
- des jumelles légères si vous aimez l’ornithologie
Une mention pour les chiens : ils sont bienvenus sur le sentier, tenus en laisse, mais la descente vers la plage peut poser des difficultés selon leur morphologie. Les races courtes sur pattes et les chiens âgés méritent qu’on évalue leur condition avant de s’engager sur ce segment.
Avant de rentrer : une dernière chose à ne pas manquer
Arrivé à Onival, après avoir posé les chaussures sur les galets et regardé la mer depuis la plage, beaucoup de gens font demi-tour sans s’arrêter. C’est compréhensible quand le groupe commence à calculer le retour. Mais si l’horaire le permet, prenez un quart d’heure pour remonter légèrement sur le promontoire qui domine la plage côté nord. La vue sur les falaises d’Ault vues depuis Onival est différente de tout ce que vous aurez observé pendant la marche : on comprend d’un seul coup l’échelle de ces parois blanches qui plongent dans la mer, et on mesure le chemin parcouru sans l’avoir vraiment senti.
Cette balade a une qualité rare pour un itinéraire aussi court : elle ne s’oublie pas. Chaque portion apporte quelque chose de nouveau, que ce soit la vue qui s’élargit, les oiseaux qui crient en contrebas, ou le bruit de la mer qui change selon la hauteur où l’on se trouve. Et elle se partage facilement : quatre kilomètres de chemin ouvert aller-retour, c’est le format idéal pour une conversation sans fin avec ceux qui marchent à côté.
Pour un groupe logé dans un gîte de la région, cet itinéraire remplace avantageusement une matinée à ne rien faire. Il réunit les gens sans les contraindre, ne nécessite aucune compétence particulière, et laisse assez d’énergie pour profiter pleinement du reste de la journée.
Le conseil concret pour terminer : préparez votre trace GPX la veille sur un téléphone chargé à 100 %, consultez les horaires de marée sur le site du SHOM, et partez le matin. Ces trois gestes font la différence entre une belle balade et une balade dont on parle encore autour de la table le soir.
Retrouvez d’autres idées de balades dans Le Carnet de la Villa Marguerite.
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