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Vue depuis le belvédère du Tréport sur Mers-les-Bains, la plage et les falaises

Le Tréport et Mers-les-Bains depuis Ault : deux villes, deux ambiances, une journée

Publié le 12 septembre 2026Par La Villa Marguerite10 min de lecture

Depuis Ault, la route longe la côte vers le nord. Six kilomètres sur la D19, une vingtaine de minutes, et vous arrivez devant un spectacle assez singulier : deux villes qui se regardent en face, séparées par un estuaire. Sur la rive picarde, Mers-les-Bains et ses façades colorées. Sur la rive normande, Le Tréport et son port de pêche. Deux régions administratives, une seule continuité de front de mer.

Ce double arrêt est l’une des excursions les plus fréquentées depuis Ault, et pour d’excellentes raisons. Mers-les-Bains offre quelque chose d’assez rare sur cette portion de côte : une cohérence architecturale presque intacte, avec des centaines de villas Belle Époque construites à la fin du XIXe siècle pour une clientèle bourgeoise venue de Paris ou d’Amiens. Le Tréport, lui, garde une identité portuaire bien vivante. Les chalutiers rentrent encore chargés le matin, les restaurants de la rue de la Rade servent du poisson pêché la veille, et le funiculaire monte vers les falaises avec une régularité tranquille.

La question pratique se pose vite : peut-on faire les deux en une journée depuis Ault ? Oui, assez confortablement, à condition de savoir comment organiser les heures. Une matinée à Mers-les-Bains suffit pour saisir l’essentiel du front de mer et des villas. L’après-midi à Le Tréport laisse le temps de flâner au port, de monter sur les hauteurs et de dîner face à l’eau. Ce guide vous donne les repères concrets pour que la journée fonctionne, sans précipitation ni mauvaise surprise.


Ce qu’il faut prévoir avant de partir

Aucune organisation complexe n’est requise, mais quelques détails font la différence entre une journée fluide et une journée frustrante.

La voiture reste le mode de transport le plus pratique. Le trajet depuis Ault suit principalement la D19, une route côtière sans difficulté. Prévoyez de garer votre véhicule du côté de Mers-les-Bains en début de journée : le parking au bord de mer est accessible et gratuit en dehors de la saison estivale. En juillet-août, il se remplit tôt, surtout le week-end. Arriver avant 10h évite les tergiversations.

Si votre groupe est important, sachez que les parkings proches du front de mer ne sont pas immenses. Le parking des Mouettes, légèrement en retrait, offre davantage de place et un accès à pied facile. Depuis là, tout se fait à pied.

Pour passer de Mers-les-Bains à Le Tréport, une passerelle piétonne enjambe la Bresle à l’embouchure. Le trajet entre les deux fronts de mer prend moins de dix minutes. Vous pouvez donc laisser la voiture côté Mers toute la journée et traverser selon vos envies. C’est l’une des particularités agréables de cette balade : pas besoin de déplacer le véhicule entre les deux villes.

Côté timing : une journée complète, avec arrivée vers 9h30 et retour à Ault en fin d’après-midi, est confortable. Les seuls impondérables sont météorologiques. La montée au funiculaire de Le Tréport vaut beaucoup moins par temps de brouillard. Consulter la météo marine la veille n’est pas du luxe.

💡 Astuce : Le marché de Le Tréport se tient le samedi matin sur la place du Jeu de Balle. Si vous planifiez votre journée un samedi, commencez par Mers-les-Bains et traversez vers Le Tréport en milieu de matinée pour voir le marché avant qu’il ne se démonte.


Mers-les-Bains : lire les façades comme un livre

La beauté de Mers-les-Bains est immédiate. On l’aperçoit en arrivant par la D19 : les toitures en poivrière, les bow-windows, les ornements en céramique blanche et bleue, les balcons en fer forgé. Tout cela a une explication historique simple : la ville a été construite quasi entièrement entre 1870 et 1914 pour accueillir des villégiateurs venus principalement du nord industriel. L’argent était là, le goût de l’époque aussi. Et contrairement à beaucoup de stations balnéaires du XXe siècle, Mers-les-Bains n’a pas été défigurée par une vague de constructions modernes sans caractère.

Commencez par la rue de la Plage et longez le front de mer vers le nord. Les maisons se succèdent dans une diversité qui ne lasse pas : certaines affichent des azulejos sur les encadrements, d’autres jouent sur les mosaïques colorées, quelques-unes ont conservé leurs boiseries d’origine. Chaque façade raconte quelque chose de l’ambition d’un propriétaire du tournant du siècle.

La plage est de galets, comme toute cette portion de côte. Ce n’est pas une plage de sable fin, et il n’est pas question de s’y illusionner. Mais la lumière y est souvent belle en fin de matinée, et la vue vers les falaises du côté normand donne un avant-goût du paysage qui vous attend de l’autre côté de la Bresle.

Coucher de soleil sur la plage de galets de Mers-les-Bains
La plage de Mers-les-Bains en fin de journée, à quinze minutes de la maison.

Prévoyez une heure et demie à deux heures pour parcourir le front de mer et vous enfoncer quelques rues dans les terres. Les maisons les plus ornementées ne sont pas toutes en bord de mer : certaines rues perpendiculaires réservent de vraies surprises à ceux qui s’y aventurent.


Traverser la Bresle : cinq minutes, un autre monde

La passerelle piétonne sur la Bresle est fonctionnelle, sans charme particulier. Mais le changement entre les deux rives est perceptible dès les premiers pas sur l’autre berge. Mers-les-Bains appartient à la Somme et à la Picardie. Le Tréport appartient à la Seine-Maritime et à la Normandie. Géographiquement, ils se touchent. Dans l’atmosphère, ils divergent.

Le Tréport est une ville de pêcheurs visible, concrète, avec la patine d’un port qui travaille encore. Quai François-Ier, les chalutiers sont amarrés dans un ordre qui n’est pas sans désordre. Les criées ne sont plus ouvertes au public comme elles l’étaient autrefois, mais l’activité portuaire reste tangible : les caisses, les filets, les camions réfrigérés le matin. C’est un port qui ne fait pas semblant.

En remontant depuis le quai vers la vieille ville, les ruelles montent en pente. L’église Saint-Jacques domine le bourg depuis ses fondations médiévales. Le quartier autour de la rue de la Rade concentre la plupart des restaurants. C’est là que vous trouverez les plateaux de fruits de mer et les moules-frites. Arriver un peu avant midi assure une table sans attente ; à 12h30 en été, la situation est plus incertaine.

Prenez le temps de monter jusqu’à la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde, perchée sur la falaise à l’est du port. La montée est raide mais courte, et la vue sur l’estuaire et les deux villes depuis là-haut récompense l’effort. C’est une perspective différente de celle qu’offre le funiculaire, plus intime et moins fréquentée.


Le funiculaire et les hauteurs de la falaise

Le funiculaire de Le Tréport relie le bord de mer au sommet de la falaise en quelques minutes, avec une inclinaison suffisamment forte pour que le trajet compte. La vue depuis le haut change complètement l’échelle : d’un côté les toits de Le Tréport et le port, de l’autre une portion de côte qui s’étend vers Ault au sud et vers Dieppe au nord-ouest.

Quelques points pratiques à connaître avant d’y monter :

⚠️ Attention : Par vent fort ou temps de brouillard, la visibilité depuis le belvédère peut être quasi nulle. Dans ce cas, la montée perd l’essentiel de son intérêt. Gardez le funiculaire pour un moment où la météo est avec vous.

Le chemin des douaniers part vers le sud depuis les hauteurs de Le Tréport et longe le bord de la falaise. Les premiers kilomètres vers Criel-sur-Mer sont accessibles sans préparation particulière et donnent une bonne idée de ce que cette côte offre à ceux qui marchent. Depuis le sommet de la falaise, la relation entre Mers-les-Bains, Le Tréport et Ault devient physiquement lisible : trois encoches dans la falaise blanche, trois histoires différentes.


Manger côté Tréport : le poisson d’abord

Le Tréport a la réputation méritée d’une destination de fruits de mer. La rue de la Rade, qui longe le port côté ville, concentre la majorité des établissements. La qualité varie, comme partout dans les rues très touristiques, mais plusieurs adresses tiennent leur rang de saison en saison.

Deux règles pratiques s’appliquent ici. Regardez la composition du plateau avant de commander : si les huîtres ou les langoustines semblent ternes ou dégagent une légère odeur ammoniaquée, optez pour un plat chaud. Préférez ensuite les restaurants à l’ardoise plutôt que ceux qui affichent de grands menus plastifiés avec photos. Les premiers valorisent généralement mieux la pêche du jour.

Pour ceux qui ne sont pas amateurs de fruits de mer, les moules-frites restent une valeur sûre sur toute cette portion de côte. Et si vous avez acheté du poisson fumé ou des harengs marinés aux étals du port le matin, le pique-nique sur le belvédère est une alternative que beaucoup de visiteurs réguliers préfèrent au restaurant.

💡 Astuce : Certains vendeurs installés directement sur le quai proposent du poisson fumé à emporter. Les harengs bouffi, fumés à chaud, sont une spécialité de la région qu’on ne retrouve pas ailleurs avec la même régularité. Achetez-en quelques-uns pour le retour : ils se gardent plusieurs jours.


Ce qui peut mal tourner (et comment l’éviter)

La journée échoue généralement pour trois raisons prévisibles.

Vouloir tout voir trop vite est la première. Mers-les-Bains et Le Tréport sont petites, mais elles se méritent lentement. Un visiteur pressé voit les façades, la plage et le port en deux heures et repart sans avoir capté l’atmosphère de ces deux villes. Bloquez une vraie journée, pas un passage de deux heures en rentrant d’ailleurs.

Partir trop tard est la deuxième erreur. En été, les parkings sont saturés dès 10h30. Le funiculaire fait queue à la descente en milieu d’après-midi. Les meilleurs restaurants affichent complet pour le déjeuner si vous n’appelez pas à l’avance ou si vous arrivez après midi. Partir d’Ault à 9h vous met dans les meilleures conditions sur tous ces points.

La troisième erreur : traiter Le Tréport et Mers-les-Bains comme interchangeables et n’en visiter qu’un seul. Beaucoup de groupes traversent côté Le Tréport, mangent au port, et repartent sans avoir longé les façades de Mers-les-Bains. C’est comme lire la moitié d’un livre. Les deux villes ont des caractères distincts ; c’est précisément leur complémentarité qui rend la journée intéressante.


Un itinéraire de référence pour la journée

Pour transformer ces indications en programme concret, voici une séquence qui fonctionne dans la pratique :

Ce séquençage laisse de la marge à chaque étape. Si la météo est belle et que l’envie de marcher est là, les premières heures du chemin des douaniers vers le sud peuvent prolonger l’après-midi jusqu’à 18h sans problème.


Rentrer à Ault avec les bonnes provisions

Le retour depuis Le Tréport ou Mers-les-Bains longe à nouveau la côte sur vingt kilomètres. La route est plate, rapide, et traverse Ault-Onival avant d’arriver à Ault même. Si vous n’avez pas encore acheté de poisson fumé au port, un arrêt à la poissonnerie du bas de Mers-les-Bains sur le chemin du retour reste une option.

Pour une grande tablée, les provisions de retour prennent tout leur sens. Les harengs, les moules fraîches, le maquereau fumé se déclinent facilement en apéritif ou en repas du soir sans préparation complexe. Quinze personnes autour d’une table qui partagent des achats du port de Le Tréport : c’est une façon de prolonger la journée et d’en faire quelque chose que le groupe continue de raconter.

La journée entre Le Tréport et Mers-les-Bains fonctionne mieux quand elle n’est pas traitée comme un audit touristique, mais comme une déambulation à deux vitesses : l’architecture d’un côté, la vie du port de l’autre. Réservez le funiculaire pour un beau ciel, arrivez tôt, et réservez votre table de déjeuner la veille. Ce sont les trois décisions concrètes qui font la différence entre une bonne journée et une journée parfaite.

Cette journée part d’Ault, où la Villa Marguerite se loue entière pour quinze personnes : Le Tréport et Mers-les-Bains sont à une vingtaine de minutes.

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